Il y a des chemins qui semblent avoir toujours été là, drapés de brume certains matins, familiers et mystérieux à la fois. Le chemin des Muletiers, qui s’élève en lacets serrés vers le sommet du Puy de Dôme, fait partie de ceux-là. C’est un sentier où l’on sent la pierre sous la semelle, l’odeur du genêt quand il pleut, et cette discrète exaltation qu’il y a à franchir les derniers mètres vers le ciel. Vous cherchez une randonnée qui a du sens, une ascension accessible loin du folklore, avec des vues qui n’appartiennent qu’à ceux qui acceptent de grimper ? Ce chemin, c’est une invitation à retrouver le rythme du Pas, entre histoire et panorama. On chausse ses chaussures, on glisse une gourde dans le sac — et on monte. Simplement.
Sommaire
TogglePourquoi choisir le chemin des Muletiers pour gravir le Puy de Dôme ?
La montée par le chemin des Muletiers est souvent citée comme l’itinéraire “classique” vers le sommet du Puy de Dôme. Mais à Saint-Nectaire, où l’on préfère les chemins qui racontent, il y a mille bonnes raisons de préférer ce parcours :
- Authenticité historique : C’est le chemin qu’empruntaient jadis les pèlerins en route vers le temple de Mercure, suspendu entre ciel et volcans.
- Expérience sensorielle : Forêt sombre, chants d’oiseaux, brise légère… Ici, la montée est aussi une immersion dans la nature du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne.
- Effort juste ce qu’il faut : Ni technique, ni monotone : une ascension sportive mais accessible, pour randonneur à l’aise ou promeneur du dimanche motivé.
- Panorama inoubliable : Au sommet, une vue qui balaie toute la chaîne des Puys. À gauche, Clermont-Ferrand ; à droite, les sucs du Sancy. On oublie vite la montée…
Un peu d’histoire au détour du sentier
Il ne s’agit pas d’un simple sentier de randonnée parmi d’autres. Le chemin des Muletiers porte dans sa terre le passage des hommes depuis des siècles. Marchands, pèlerins ou simples curieux grimpaient ici vers le sanctuaire dédié à Mercure, dieu des voyageurs et du négoce. Il y a même une certaine solennité à croiser, à mi-pente, les premières pierres antiques dressées comme pour rappeler l’importance du site. Parfois, dans la rosée, on imagine le bruit des sabots, les voix en latin des processions, puis simplement le silence immense du volcan endormi.
Ascension du Puy de Dôme par le chemin des Muletiers :
- Distance : 1,9 km depuis le col de Ceyssat
- Dénivelé : environ 400 m : une vraie grimpette, mais régulière
- Durée moyenne : 45 min à 1h10 pour la montée, compter la même chose pour la descente
- Type de sol : Sentier empierré, quelques passages plus raides. À éviter en cas de fort verglas.
On part du col de Ceyssat (parking gratuit en basse saison, payant et surveillé l’été). Avant même d’apercevoir le sommet, la forêt s’ouvre en clairières. Ensuite, le tracé devient plus minéral, la pente s’accentue, les genêts prennent le relais, puis enfin… la lumière. Au dernier lacet, on devine l’ombre imposante de l’antenne : ça y est, la récompense est là.
Infos pratiques pour réussir l’ascension
Accès et parkings : ne pas se tromper de départ
Le principal départ se fait depuis le col de Ceyssat (1 078 m). L’accès en voiture est facile depuis Orcines ; en saison, une navette relie la Maison de Site au col. Hors saison ou tôt le matin, le parking est rarement saturé. Depuis la Maison de Site du Puy de Dôme, on peut aussi démarrer l’ascension, mais le parcours sera nettement plus long (plus de 6 km et 500 m de dénivelé, soit 2h15 à l’aller).
Quand partir ? Les petits secrets d’une rando tranquille
Meilleure période : du printemps à l’automne, avec une préférence pour juin et septembre : légèreté de l’air, sentier peu fréquenté, genêts et digitales en fleur. Mais chaque saison a ses surprises : en été, l’aube offre des couleurs incroyables ; en automne, la brume transforme le volcan en île.
Astuces :
- Arriver tôt (avant 9 h), surtout entre juillet et septembre.
- Éviter la montée sous l’orage ou avec vent fort : au sommet, on se sent vite tout petit…
- En pleine journée d’été, la chaleur peut surprendre sur les derniers lacets, plus exposés.
Les soirs d’orages, je me souviens d’avoir vu les nuages glisser sous mes pieds. Impression étrange : marcher “au-dessus du temps”.
Équipement : quoi mettre dans son sac ?
Le confort, c’est la liberté. Et ici, si la montée est brève, elle peut réserver quelques surprises météorologiques. J’ai déjà vu le brouillard geler en cinq minutes, et retrouver, deux virages plus haut, le plein soleil du Massif central.
- Chaussures de randonnée robustes (sol glissant par endroits)
- Eau : on ne trouve rien à boire en route, à part la pluie ou la rosée (ce que je ne conseille pas…)
- Vêtements coupe-vent : il fait toujours plus frais au sommet, surtout si le vent s’invite
- Casquette ou bonnet selon la saison
- Piquenique léger : une part de fougasse, un bout de Saint-Nectaire, ça redonne du cœur à la descente
Tableau : Checklist pour randonnée sur le chemin des Muletiers (Aller–Retour depuis le col de Ceyssat)
| Équipement | Indispensable ? | Conseil d’Antoine |
|---|---|---|
| Chaussures de marche | Oui | Privilégier une semelle accrocheuse, surtout par temps humide. |
| Veste coupe-vent | Oui | Au sommet, le vent prend tout son sens… |
| Bâtons de rando | Non, sauf genoux fragiles | Peuvent aider dans la descente, le sentier est pentu. |
| Casquette/Bob (ou bonnet) | Oui | À ajuster selon la saison, l’ombre peut disparaître vite. |
| Gourde (1 L mini) | Oui | Source au col, rien sur le sentier ni au sommet. |
| Crème solaire | Non obligatoire | Mais le soleil tape fort entre 10 h et 15 h. |
| Pique-nique léger | Non | Mais quelle saveur, “là-haut”, après l’effort ! |
Fermetures temporaires : à noter absolument avant de partir
Entre le 6 et le 17 octobre 2025 inclus, le chemin des Muletiers ainsi que le parking du col de Ceyssat seront fermés pour travaux de sécurisation. Il faudra alors choisir un autre versant, ou reporter son excursion (vérifier toujours la rubrique actualités du site officiel avant départ).
Panoramas. Histoire(s). Sensations… Ce que l’on vit vraiment sur ce sentier
Le chemin, les lacets et la mémoire
Il y a ce rythme particulier, dans la montée. Un virage, une trouée dans la brume, la pente qui reprend. Le souffle s’accélère puis ralentit, le cœur qui tape fort quand on aperçoit le sommet. On croise parfois un écureuil, ou une odeur de pierre chaude. L’histoire du temple de Mercure (on en devine les vestiges à deux pas du sommet) surgit dans l’imagination : ici, on marchait pour prier, échanger, ou simplement voir plus loin.
À chaque détour, une vue nouvelle se découvre. Vers l’est, les pentes s’inclinent doucement vers la plaine de la Limagne ; au sud, le massif du Sancy se lève, fier et sombre. Il m’est arrivé, un matin givré de mars, de marcher dans un silence si dense que même le léger crissement de la neige sous les chaussures semblait déplacé.
Arrivée au sommet : émotions garanties
L’arrivée au sommet, c’est la promesse tenue. On déboule sur la croupe du volcan, souvent accompagné du vent, parfois d’une nuée de parapentistes colorés. On devine alors la mosaïque inimitable du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne : horizons de cratères alignés comme des perles, la ville de Clermont-Ferrand à l’est, et cette étrange sensation d’être “posté à la proue d’un navire de pierre”.
Je vous recommande une halte près des ruines du temple. S’asseoir sur un rocher chaud, sortir un morceau de pain et simplement… regarder. Le paysage avale les mots. On goûte la liberté, les joues encore fraîches de l’effort, avant la redescente.
Des variantes pour pimenter sa rando
- Chemin des Chèvres : plus sauvage, légèrement plus rude à la descente, il offre une autre perspective sur le volcan (et moins de monde en pleine saison).
- Départ Maison de Site : beaucoup plus long, mais permet de s’échauffer en douceur et d’éviter l’afflux au col.
- En boucle à la journée : grimper par les Muletiers, redescendre par les Chèvres, faire un crochet au panoramique, puis revenir à pied ou en navette.
Conseils personnels pour marcher malin
- Partez léger, mais prévoyez toujours un coupe-vent et une seconde couche.
- Ne sous-estimez pas la descente : sur sentier empierré, les genoux sensibles apprécieront des bâtons.
- Laissez derrière vous les soucis du réseau : le portable ne capte pas grand-chose, et c’est très bien ainsi.
- Redescendez tôt ou très tard pour profiter du calme (la lumière de 18 h sur la chaîne des Puys, c’est un secret à partager à demi-mot).
Tarifs, accès et alternatives : tout ce qu’il faut savoir avant de venir
Quel prix pour l’expérience Muletiers ?
Randonner sur le chemin des Muletiers est gratuit. Seul le parking est payant en saison (de mai à septembre, env. 4 € la journée – souvent complet en après-midi). Les navettes depuis la Maison de Site coûtent autour de 2 € le trajet (gratuites pour les enfants de moins de 6 ans). Pour ceux qui souhaitent arriver en haut sans effort, le train à crémaillère “Panoramique des Dômes” est une option (surtout utile pour la descente si fatigue ou météo capricieuse, mais il vous privera de la magie de l’ascension…)
| Option d’accès | Tarif adulte | Enfants (-12 ans) | Remarques |
|---|---|---|---|
| Randonnée par les Muletiers (col de Ceyssat) | Gratuit | Gratuit | Juste le parking à prévoir en pleine saison |
| Navette Maison de Site → Col de Ceyssat | ≈ 2 € | ≈ 2 € | Toutes les 30 min en saison |
| Train Panoramique (aller/retour) | ≈ 16 € | ≈ 7 € | Réservation conseillée |
Y aller autrement : deux idées pour les curieux
- À vélo depuis Clermont : assez exigeant, mais très beau pour les cyclistes aguerris (positive vibes garanties à l’arrivée).
- Balade nocturne/levée du soleil : pour les plus matinaux, offre une lumière irréelle et souvent, le sommet pour vous seul.
Marcher, s’émerveiller, ralentir : mon clin d’œil d’Auvergnat
Il y a mille façons d’atteindre le sommet du Puy de Dôme, mais aucune ne ressemble à celle qui réclame le silence, le souffle, l’attention au monde. Gravir le chemin des Muletiers, c’est faire un pacte temporaire avec le relief : accepter de quitter la vallée pour quelques heures et retrouver, là-haut, une part de liberté qui ne s’achète pas. Qu’il pleuve ou que le soleil découpe les puys à vif, il y a toujours, dans cette montée, le parfum d’un bonheur discret. Je vous le souhaite. Et si un jour vous croisez un randonneur ébouriffé, sac sur le dos, un Saint-Nectaire qui dépasse de la poche… c’est sans doute moi. N’hésitez pas à glisser un mot : “c’était comment, cette montée ?” On échangera sans doute une anecdote (et pourquoi pas un bout de pain) !
Foire aux questions — Chemin des Muletiers & ascension du Puy de Dôme
Qu’est-ce que le chemin des Muletiers exactement ?
C’est l’itinéraire historique, aujourd’hui balisé, qui grimpe en lacets serrés depuis le col de Ceyssat jusqu’au sommet du Puy de Dôme. On y croise des pierres antiques, beaucoup de vieilles racines, et surtout… une atmosphère unique à chaque saison.
Le sentier est-il difficile ? Peut-on venir en famille avec enfants ?
La montée est sportive, mais sans piège technique. Pour des enfants bons marcheurs (dès 7–8 ans), ça passe bien, à condition de prendre son temps. Éviter en poussette : les pierres rendent la progression impossible.
Peut-on monter ou descendre en train Panoramique puis marcher ?
Oui ! Il est possible de monter/descendre en train (au départ de la Maison de Site), puis de faire l’ascension pédestre dans un sens (ou inversement). Pratique si on craint le retour !
Le chemin est-il ouvert toute l’année ?
Sauf en cas de neige/verglas ou de travaux ponctuels (cf. fermeture annoncée en octobre 2025), le sentier reste ouvert. Toujours vérifier la météo et l’état d’ouverture avant de partir.
Y a-t-il des toilettes ou points d’eau sur le parcours ?
Toilettes disponibles au parking du col de Ceyssat et en haut (accueil du site). Aucun point d’eau potable pendant la montée : prévoyez le nécessaire.