Il y a des jours où je me dis que la montagne auvergnate ne cherche pas à impressionner. Elle ne joue pas à être alpine. Elle n’a pas besoin de ça. Elle propose autre chose. Un relief plus doux, peut-être, mais une intensité différente. Plus intime. Plus fidèle. Une montagne où l’on marche pour écouter.
Je me souviens d’un matin de septembre, sur les crêtes entre le col de Cabre et le Puy Griou. Pas un souffle de vent. Juste ce léger crissement de mes semelles sur la rocaille. En contrebas, la vallée de la Cère baignait encore dans les brumes. Et moi, là-haut, seul, j’avais l’impression d’être exactement à ma place.
Si l’on cherche des choses à faire, des randonnées à entreprendre, l’Auvergne en offre à foison. Mais au fond, l’idée n’est pas tant de « faire » que de « vivre ». Je vous partage ici quelques chemins qui m’ont marqué. Et ce qu’ils m’ont appris.
Sommaire
ToggleMarcher vers le sommet du Puy de Dôme
Le sentier des Muletiers : pas à pas, sans se presser
Tout le monde connaît le Puy de Dôme. Difficile de le rater. Depuis Clermont, c’est presque une silhouette familière. Mais le monter à pied, c’est une autre histoire. Une histoire que je revis chaque année.
Le sentier part du col de Ceyssat. Une montée régulière, entre fougères et blocs sombres, bordée parfois de pensées sauvages. Par temps clair, on voit déjà les volcans voisins depuis les lacets. Mais ce que je préfère, c’est arriver en haut avant le premier train. Quand il n’y a encore personne.
Un jour, c’était en juin, j’y suis monté de nuit, frontale vissée sur la tête. Et là-haut, j’ai vu le soleil surgir, tout doucement, derrière les monts du Forez. Le silence était total, et le ciel, rose orangé, comme peint au pinceau large.
Petit conseil : même en été, il peut faire froid au sommet. Toujours emporter un coupe-vent et un bonnet léger.
Gravir le Puy de Sancy par la vallée de Chaudefour
Une randonnée qui change avec les saisons
Le Sancy, c’est le point culminant de l’Auvergne. Mais je préfère le prendre par le bas, doucement, en partant de la vallée de Chaudefour. Ce vallon glaciaire est un monde en soi.
En mai, tout y est vert tendre. Les primevères tapissent les sous-bois, les sources chantent, les parois brillent encore des dernières neiges fondues. J’ai parfois croisé des chamois sur les hauteurs, à peine visibles, mais bien présents.
La montée est progressive, mais soutenue. En haut, l’arête finale vous met au défi. Mais la récompense, c’est cette vue à 360° sur les monts Dore, le Cézallier, et au loin, par temps clair, le Cantal.
Un jour, surpris par un orage alors que j’étais encore au sommet, j’ai appris une leçon essentielle : on ne négocie pas avec la montagne. Depuis, je regarde toujours le ciel avant de partir. Et je fais demi-tour sans honte s’il le faut.
Découvrir les Monts du Cantal autrement
Le Puy Mary : une pyramide au milieu des vallées
Je garde une tendresse particulière pour le Cantal. Plus rugueux, plus vaste aussi. Le Puy Mary, qu’on atteint facilement depuis le Pas de Peyrol, reste une très belle entrée en matière.
Mais ce que j’aime, c’est y aller en fin de journée, quand les voitures s’en vont. Monter en douceur, s’asseoir là-haut, et regarder les vallées s’étirer comme des doigts autour du massif. La lumière de fin de journée y est souvent dorée, chaude, douce. Elle souligne les plis de la montagne, elle révèle les drailles des brebis.
À savoir : il existe une rampe aménagée depuis le col. Mais pour une vraie rando, partez du col de Serre ou du Falgoux, pour une boucle plus longue et plus sauvage.
Entre le Puy Griou et les crêtes du Cantal
Il y a aussi ces sentiers qui ne figurent pas toujours dans les guides. Comme celui qui relie le col de Rombière au Puy Griou. Un chemin de crête, parfois exposé au vent, mais ô combien spectaculaire.
Je me rappelle d’un bivouac là-bas, entre deux rochers plats. Un petit feu (autorisé à l’époque), une soupe chaude, et ce ciel d’encre constellé. Aucun bruit, si ce n’est le souffle discret du vent dans les herbes.
S’aventurer dans le Cézallier, plateau des lumières
Le Cézallier est un monde à part. Moins connu, souvent ignoré, mais d’une richesse immense. Des ondulations infinies, des burons solitaires, et cette sensation d’espace rare.
J’y ai emmené un petit groupe l’été dernier, pour une rando de deux jours entre Montgreleix et le lac de Saint-Alyre. Ce n’était pas spectaculaire comme le Sancy, non. Mais on a marché dans une lumière dorée, traversé des champs où paissaient les Salers, entendu le bruit des sabots sur les pierres. Et surtout, on a pris le temps.
Pour ceux qui aiment marcher seuls, loin de tout, c’est ici qu’il faut venir.
Ce qu’on peut faire en montagne auvergnate, au-delà de la marche
Parapente : s’élancer depuis le Dôme
Je ne suis pas téméraire, mais j’ai osé une fois. Un baptême en parapente depuis le sommet du Puy de Dôme. C’est un peu court, certes, mais quel vertige doux ! Voir les volcans s’éloigner lentement, sentir l’air vous porter… Un moment suspendu.
VTT et vélo de montagne
Autour du Sancy, les sentiers VTT sont nombreux. Certains sont exigeants, d’autres plus roulants. J’ai testé une boucle au départ de Besse, en août. La montée m’a épuisé, mais la descente à travers les hêtraies m’a donné le sourire jusqu’aux oreilles.
Escalade et via ferrata
Pour les grimpeurs, la Dent de la Rancune est un terrain de jeu impressionnant. Mais attention : ce n’est pas pour débutants. Je m’y suis aventuré en tant que second, bien encadré, et j’ai gardé le souvenir d’une roche chaude sous la paume, et d’un vide impressionnant sous les pieds.
Bivouac et nuits sous les étoiles
Il n’y a pas d’expérience plus forte, à mes yeux, que de dormir là-haut. Une tente légère, un duvet chaud, une soupe simple. Et le ciel. Ce ciel… noir et infini.
Toujours respecter les règles : pas de feu, pas de trace, et partir tôt le matin. Mais le souvenir reste, lui, très longtemps.
Préparer sa randonnée : tableau de poche
Voici une petite synthèse maison, construite sur mes propres erreurs :
| Situation | Ce que j’ai appris à faire |
|---|---|
| Ciel bleu au départ | Emporter un vêtement chaud et un imperméable |
| Randonnée courte prévue | Prendre quand même de l’eau, une carte, une barre de céréales |
| Téléphone chargé | Avoir aussi une carte papier et savoir lire une boussole |
| « C’est balisé » | Repérer les variantes et les intersections à l’avance |
Et puis… toujours partir un peu plus tôt que prévu. Et s’autoriser à revenir plus tard.
Une montagne à taille humaine, mais pleine de grandeur
Ce que j’aime, en Auvergne, c’est qu’on n’y fait pas de montagne pour briller. On y marche, on y glisse, on y respire. Et parfois, on s’y arrête, juste pour écouter un ruisseau, regarder passer une buse, ou boire un café dans une brume matinale.
Les randonnées sont nombreuses. Les sommets accessibles. Mais chaque pas ici peut devenir une rencontre.
Avec un paysage. Un souvenir. Ou soi-même.
FAQ – Randonner en montagne en Auvergne
Quel est le meilleur sommet pour une première randonnée en famille ?
Le Pariou. Moins haut que le Dôme, sentier ombragé, cratère fascinant. Et une boucle facile à gérer avec des enfants.
Peut-on bivouaquer librement dans les monts d’Auvergne ?
Oui, dans le respect des lieux. Une nuit, discret, sans feu, et à distance des routes. C’est toléré. Et magique.
Quelle est la période idéale pour randonner ?
De mai à octobre. Septembre reste mon mois préféré : lumière douce, peu de monde, et des sentiers encore secs.
Faut-il un équipement spécifique ?
Des chaussures de rando (pas de baskets), une polaire, un coupe-vent, de l’eau, une carte, et de quoi grignoter. Le reste, c’est du confort.
Où trouver des cartes fiables ?
Les offices de tourisme locaux proposent de bons topo-guides. Mais rien ne vaut une IGN 2432 ET pour le Sancy, ou la 2435 OT pour le Cantal. Les vrais savent.