Qu’est-ce qui pousse à quitter un dimanche matin son petit déjeuner chaud, à chausser les bottes un peu trop vite, juste pour aller voir un lac dont, paraît-il, « on ne fait pas le tour en dix minutes » ? Peut-être le besoin – ancien, tenace – de toucher du doigt quelque chose de rare : un morceau d’Auvergne authentique, pas tout à fait livré aux promesses des guides ni aux cartes postales. Le lac de la Crégut fait partie de ces lieux où l’on sent, dès les premiers pas, qu’il y aura un avant et un après. Dans l’air, un parfum de tourbe et de myrtilles sauvages. Dans l’eau, un silence qui tient tête au vent. Et tout autour, une invitation à ralentir, à regarder vraiment. Ici, la randonnée croise la pêche, la table s’ouvre sans façon sur une nappe brodée de mousse. Un secret immense, et pourtant facile d’accès. C’est tout l’art du lac de la Crégut : souligner chaque instant sans jamais hausser la voix.
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ToggleDécouvrir le lac de la Crégut : histoire, géologie et atmosphère
Là-haut, sur la commune cantalienne de Trémouille, à 860 mètres d’altitude, le lac de la Crégut s’étend tranquillement sur ses 37 hectares. On parle souvent de « lac glaciaire », mais ici, l’origine n’est pas qu’une affaire de vieux glaciers : c’est un héritage du dernier âge de glace, modelé par la patience du temps et le passage du glacier de l’Artense il y a treize mille ans. Le résultat ? Une cuvette arrondie, gorgée de sources et de ruisseaux invisibles à l’œil nu. Au loin, la silhouette des monts du Cantal et du massif du Sancy, souvent ourlée de nuages flâneurs.
Ce qui frappe, c’est la lumière sur l’eau : changeante, parfois froide, quelquefois dorée et douce comme la croûte d’une tomme. Les jours d’automne, les hêtres prennent un air flamboyant, et à la fin du printemps, la brume semble caresser le miroitement du lac. Il y a des matins ici où rien, hormis le cri d’un grebe huppé, ne vient déranger la surface.
Pourquoi choisir le lac de la Crégut pour une journée de pêche ou de randonnée ?
Il y a mille lacs en Auvergne. Mais rares sont ceux où la pêche, la marche et la détente font aussi bon ménage. Le lac de la Crégut invite à poser le sac, respirer, observer, le tout sans bousculade. Un vrai laboratoire de sensations : l’odeur de la terre, les pas feutrés sur la mousse, l’air qui glisse sur la peau avec la fraîcheur d’une giboulée de mai. Ici, on ne vient pas pour « faire » absolument quelque chose, mais pour se laisser surprendre par ce que l’on découvre en chemin.
Un paradis discret pour les amateurs de pêche
Il faut voir le geste, le matin, des pêcheurs qui tirent leur barque sur la rive, discussions basses et thermos sous le bras. Le lac de la Crégut est classé en 2ème catégorie : cela signifie ici une richesse piscicole rare, un mélange curieux de sandres, perches, brochets, carpes et « poissons blancs ». La navigation y est possible, mais la vitesse limitée (6 km/h), ce qui garantit la tranquillité du miroir d’eau même lors des plus belles journées de l’été. La mise à l’eau s’effectue côté parking principal (GPS : 45.406221, 2.674207). Il faut simplement le permis de pêche valable, et une dose de patience.
Quelques conseils du bord ? Les brochets aiment s’approcher de la roselière par temps couvert, les perches mordent bien avec une cuillère ondulante, et les carpes, discrètes, préfèrent les herbiers proches des sources. Parfois, le clapotis d’un poisson suffit à rappeler que le silence est la meilleure des ruses.
Randonnée autour du lac de la Crégut : le sentier “Histoire d’eau”
Partir à pied, ici, c’est s’offrir un vrai tour d’horizon. Le sentier PR 2 « Histoire d’eau » propose une boucle de 5 km (boucle facile, environ 2 heures, 200 mètres de dénivelé). Rien d’athlétique, mais assez de relief pour se sentir ailleurs. Depuis le parking, il suffit de suivre le balisage bleu, en caressant du regard la lisière des forêts humides, où la mousse grimpe haut sur les troncs de hêtres. Par endroits, on surplombe le lac ; ailleurs, on s’enfonce dans un sous-bois si dense qu’on pourrait s’y croire dans un autre siècle.
On croise parfois un chevreuil surpris, un champignon violet caché dans les feuilles mortes, ou la trace fine d’une fouine. En été, les myrtilles sauvages font de petites tâches bleues sous les genêts. L’automne est propice aux cèpes, et au retour du froid, les versants s’habillent de givre.
Pique-nique, détente, contemplation : savourer le temps qui passe
Baignade interdite ? Ce n’est pas un handicap. Juste un prétexte pour savourer autrement. Le lac de la Crégut réserve aux amateurs de tranquillité quelques tables de pique-nique, un ou deux bancs de fortune, et la promesse d’une sieste au chant des oiseaux. Le bruit de fond, ici, c’est le bruissement des roseaux et, de loin en loin, la rumeur légère du vent dans les hautes herbes.
Les coins les plus appréciés pour le déjeuner sont situés à l’écart du sentier, sur le coteau nord, avec vue dégagée sur l’eau. Un conseil simple : pensez à remporter vos déchets, et si la météo le permet, emportez un poncho ou une couverture – la pierre reste fraîche même en août.
Préparer sa visite au lac de la Crégut : infos pratiques et bonnes adresses
Que l’on vienne en famille, entre amis ou en solitaire, l’accès est facile toute l’année. Le parking principal accueille sans manœuvres hasardeuses. L’accès est libre, tout comme le tour du lac ; on peut arriver aussi bien en voiture qu’à vélo par les petites routes du Cantal, peu fréquentées et propices aux boucles à la journée.
Accès, saison, météo : ce qu’il faut savoir
- Saison conseillée : De mai à octobre pour la randonnée et les pique-niques. La pêche peut s’y pratiquer dès l’ouverture réglementaire, mais les matinées de début d’été offrent une atmosphère unique, légère brume et clapotis paisible.
- Animaux acceptés : Oui, mais tenus en laisse. Les berges sont fragiles par endroits ; mieux vaut éviter de s’enfiler entre les herbiers ou de déranger la faune.
- Baignade : Interdite, pour des raisons de sécurité et de préservation de l’écosystème.
- Pique-nique : Tables disponibles près du parking. Privilégier les produits locaux (Saint-Nectaire, charcuterie d’Artense, bon pain au levain du coin) pour savourer pleinement l’expérience.
- Départ rando : Parking principal ; balisage bleu du sentier “Histoire d’eau”.
Note : Prévoir de quoi se couvrir : le vent, même timide, mord vite les épaules.
Les alternatives : d’autres lacs de l’Artense, embuscades secrètes du massif central
Si le lac de la Crégut vous laisse sur votre faim (on ne l’imagine pas), sachez que l’Artense et le Cantal regorgent de petits lacs discrets : lac de Lastioulles (officiellement plus fréquenté, mais sympathique), lac Saint-Alyre (moins connu, sauvage), lac du Tact et lac de la Landie. La plupart permettent aussi la pêche et la balade, avec pour chacun ce petit supplément d’âme propre au Massif central.
| Lac | Pêche | Randonnée | Baignade | Pique-nique | Ambiance |
|---|---|---|---|---|---|
| Lac de la Crégut | Oui (2ème catégorie, sandre, brochet, perche, carpe…) | Oui (sentier PR2, 5 km) | Non | Oui (tables) | Calme, sauvage, intime |
| Lac de Lastioulles | Oui (pêcherie, espèces variées) | Oui (GR, PR, tour partiel) | Oui (plages surveillées) | Oui (nombreux espaces) | Léger passage, plus animé |
| Lac Saint-Alyre | Oui (brochet, perche, truite) | À pied (hors sentier officiel) | Non | Oui (rustique) | Sauvage, isolé, mystérieux |
Petit zoom sensible : l’expérience d’un matin de brume
Je me souviens d’un matin d’octobre, chaussé de bottes encore humides de rosée. Les rives du lac de la Crégut disparaissaient sous ce que les anciens appellent “le manteau du silence” : une brume épaisse, ni triste ni froide, juste enveloppante. Au bout du sentier, pas un souffle, si ce n’est le cri sec d’un geai et le balancement d’un vieux ponton. On perdait la notion du temps. Dans ces moments, la vraie magie n’est pas dans l’exploit mais dans l’évidence : respirer, attendre que la lumière perce, sentir la pierre glacée au creux de la paume. J’ai fini la matinée un café brûlant à la main, les mains rouges, le cœur plus léger. C’est ce genre de souvenir, silencieux et persistant, qu’offre le Crégut.
Préparer sa randonnée autour du lac : checklist et astuces locales
- Chaussures imperméables : Certains passages sont boueux même en été.
- K-way ou cape de pluie : La météo change vite, surtout le matin.
- Pique-nique de terroir : Prévoir du pain rustique, fromage local (essayez le cantal entre-deux ou la tomme fraîche), charcuterie et petits fruits rouges l’été.
- Protection contre les tiques : Les hautes herbes autour du lac abritent parfois des surprises ; un pantalon long ou des chaussettes remontées rassurent.
- Jumelles ou appareil photo : La lumière rasante du soir donne au lac des reflets presque métalliques, propices à de superbes clichés.
- Respect : On referme les barrières derrière soi et on ne cueille ni fleurs protégées ni champignons rares.
Petit détail : si vous partez tôt, préparez un thermos de boisson chaude. Il y a, au lever du soleil, une fraîcheur piquante qui fait le bonheur des amateurs de boissons réconfortantes.
On en repart comment ? (Et pourquoi y revenir…)
On croit connaître les lacs d’Auvergne sur le bout des doigts, et puis on tombe sur la Crégut, et il faut réapprendre à regarder. Ici, la nature se donne sans fard, et l’on repart le cœur un peu apaisé, la peau parfumée de sous-bois. Ceux qui s’y sont baignés (en souvenirs) en parlent souvent avec ce soupir discret de ceux qui savent qu’on ne décrit jamais vraiment un lieu, on le vit. Alors, la prochaine fois que l’envie de balade simple et profonde vous prend, pensez à ce lac-là. Il n’a pas fini de livrer ses secrets.
Envie de préparer votre sortie, d’échanger sur vos coins préférés ou de partager une anecdote de pêche ? Laissez un message, ou venez discuter autour d’un bon fromage à Saint-Nectaire. L’Auvergne, elle, ne demande qu’à être rencontrée autrement, un lac après l’autre, à votre rythme.
FAQ : les questions que l’on me pose souvent sur le lac de la Crégut
Quelles espèces de poissons trouve-t-on au lac de la Crégut ?
Le lac abrite sandres, perches, brochets, carpes et bien sûr quelques poissons blancs (gardons, rotengles). On croise parfois une belle prise en fin de journée.
Le sentier “Histoire d’eau” est-il accessible en famille ?
Oui, sans difficulté majeure. Le parcours (5 km) convient à de jeunes marcheurs (dès 6-7 ans), mais prévoir de bonnes chaussures, surtout au printemps ou après la pluie.
Faut-il un permis pour pêcher au lac de la Crégut ?
Oui, la possession d’un permis de pêche en règle est indispensable, comme dans la plupart des lacs de deuxième catégorie du Cantal.
Peut-on venir avec son chien autour du lac ?
Les chiens sont les bienvenus du moment qu’ils sont tenus en laisse. Cela permet de préserver la tranquillité de la faune locale et la cohabitation avec d’autres promeneurs.
Comment contacter l’office de tourisme local pour organiser sa visite ?
L’Office de Tourisme Sumène Artense (tél. : 04 71 78 76 33, info@tourisme-sumene-artense.com) répondra à toutes vos questions, du meilleur moment pour venir aux adresses gourmandes des environs.

