Il y a des montagnes qu’on ne choisit pas, ce sont elles qui vous attirent. Le Puy Griou, je l’ai d’abord repéré de loin, au détour d’une randonnée du côté du Plomb du Cantal. Il trônait là, comme un cône parfait, posé entre ciel et terre, planté sur son socle vert avec une fierté tranquille. Une forme presque irréelle. Compacte, isolée. Irrésistible.
C’était un mois de juin, juste après un orage. L’air était frais, lavé, les prairies brillaient encore d’humidité. Et moi, les mollets déjà fatigués, je n’avais qu’une envie : grimper là-haut. Comprendre ce qu’il voyait.
Quelques jours plus tard, j’y étais. Et depuis, je ne l’ai jamais oublié.
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ToggleUn volcan millénaire au cœur du Cantal
Le Puy Griou, c’est 1 690 mètres d’altitude, au beau milieu des monts du Cantal. Une montagne née du feu, formée il y a environ six millions d’années, un pur dôme de phonolite, cette roche grise et sonore que l’on retrouve souvent par ici.
Son isolement fait toute sa beauté. Il n’est pas perdu dans une chaîne, il se détache, net, comme s’il voulait être vu. Et il l’est. Depuis la vallée de la Cère, depuis le Lioran, depuis Mandailles… Il vous suit du regard. Et si vous le grimpez, il vous rendra la pareille.
Se préparer sans chichis
Ce qu’il faut vraiment emmener
Pas besoin d’être montagnard chevronné pour monter au Puy Griou. Mais il ne faut pas non plus le prendre à la légère. Voici ce que j’emporte toujours :
- Une paire de chaussures solides (semelle crantée obligatoire)
- Un coupe-vent, même par temps doux
- De l’eau, au moins 1,5 L par personne
- Un petit pique-nique, ça change tout au sommet
- Une carte IGN ou une appli fiable, même si les sentiers sont bien balisés
Et surtout, je vérifie toujours la météo. Le sommet est dégagé, et le vent peut y être violent. Une fois, j’ai dû renoncer à 100 mètres du but : trop de bourrasques, trop de risques. Frustrant, mais salutaire.
C’est faisable à quel niveau ?
Disons que si vous marchez régulièrement et que vous n’avez pas peur d’un peu de pente (et de cailloux), c’est tout à fait accessible. La dernière portion demande les mains, un peu d’attention, mais rien de technique.
Je l’ai fait avec des ados. Je l’ai fait seul. Je l’ai fait à l’automne, avec la lumière rase du soir. À chaque fois, le corps travaille, le souffle se règle… et le plaisir est là.
Les itinéraires pour gravir le Puy Griou
Le classique : depuis le col de Font de Cère
C’est celui que je conseille à ceux qui veulent une belle boucle, sans trop de difficulté. Le départ se fait depuis le col (près du Lioran), à environ 1 300 m d’altitude.
On monte d’abord doucement, à travers les pâturages d’altitude, puis on rejoint le col du Griou. Là, le sommet est juste devant. Impressionnant, un peu intimidant même.
La dernière montée est plus raide, mais courte. Et puis, on y est. On s’assied sur un rocher, on souffle, et on regarde.
Depuis les Chazes : plus court, plus abrupt
Autre option : démarrer depuis le hameau des Chazes, côté Mandailles. Le sentier grimpe assez vite dans une forêt de hêtres, puis s’ouvre sur les estives.
Le parcours est plus direct, avec un bon dénivelé, mais très agréable. L’ambiance forestière au départ est un vrai plus. Et souvent, on y croise moins de monde qu’au Lioran.
J’ai fait cette montée un matin de septembre, dans le brouillard. On ne voyait pas à dix mètres. Mais arrivé au sommet, le brouillard s’est levé d’un coup. Tout le Cantal s’est offert à moi, comme une récompense. Inoubliable.
Pour les costauds : depuis Mandailles
Pour les bons marcheurs, il y a une belle traversée à faire depuis Mandailles. Comptez environ 13 km aller-retour, avec 900 mètres de dénivelé. C’est long, mais c’est somptueux.
Les paysages changent sans arrêt. Forêts, crêtes, estives, rochers. Et le Puy Griou, en point de mire, presque tout du long. Une vraie immersion dans le Cantal profond.
Le sommet : une émotion brute
Je me souviens très bien de ma première arrivée là-haut. Le vent, fort. Le sol, un peu instable. Les rochers, durs, bruts, taillés au couteau. Et cette vue. À 360°. Le Plomb du Cantal, le Puy Mary, les vallées, les villages minuscules, et, au loin, parfois, les Monts Dore. Tout semble calme, étalé, solide.
Ce n’est pas un sommet de carte postale. C’est mieux. C’est vivant.
Je m’étais assis contre un bloc de phonolite, un sandwich dans une main, une tranche de Cantal dans l’autre. Et je me suis dit, sans trop savoir pourquoi : « C’est ici que je me sens chez moi. »
Conseils d’Antoine pour en profiter pleinement
Quand monter ?
- Mai à octobre est idéal.
- L’été, attention à la chaleur : partez tôt.
- L’automne est magique pour les couleurs.
- En hiver, c’est possible… mais avec raquettes ou crampons, et une bonne dose d’expérience.
À éviter
- Monter en baskets de ville : ça finit toujours mal.
- Monter trop tard : le soleil descend vite, et la descente est technique.
- Partir sans eau : aucune source sur la dernière portion.
À faire absolument
- Prévoir une pause pique-nique au sommet
- Prendre une petite laine, même en juillet
- Prendre le temps. Ce n’est pas une course.
FAQ
Quelle est l’altitude du Puy Griou ?
Le sommet culmine à 1 690 mètres, ce qui en fait l’un des grands sommets du Cantal. Mais c’est surtout sa forme isolée et sa vue qui le rendent incontournable.
Combien de temps faut-il pour monter ?
Tout dépend du point de départ :
- Depuis le col de Font de Cère : 2 h aller-retour environ
- Depuis les Chazes : 3 h aller-retour
- Depuis Mandailles : comptez 5 à 6 h aller-retour
Peut-on y aller avec des enfants ?
Oui, à partir de 8-10 ans s’ils ont l’habitude de marcher. Le final peut impressionner, donc à adapter selon leur assurance. Et toujours les accompagner de près sur la fin.
Y a-t-il des animaux à observer ?
Oui ! Marmottes, milans, parfois des mouflons si on a de la chance. Et bien sûr, les vaches Salers sur les estives. L’été, elles font partie du paysage.
Est-ce que c’est fréquenté ?
En été, oui, surtout le week-end. Mais rien d’envahissant. En partant tôt ou en semaine, on croise plus de papillons que de randonneurs.