vallée de la Santoire

Auvergne : que voir dans la vallée de la Santoire ?

Je ne l’ai pas cherchée, cette vallée. Je l’ai prise un jour pour éviter un bouchon sur la route d’Allanche. Une petite départementale, sinueuse, bordée de murets de pierre sèche et de quelques Salers qui mâchaient leur herbe avec l’assurance des reines. Et puis, à un virage, la vue s’est ouverte. Une plaine rase, dorée, douce. La vallée de la Santoire.

Il n’y avait rien de spectaculaire. Juste quelque chose de pur. Un silence large, une lumière claire, un creux de monde comme il en reste peu. J’ai ralenti. Puis je me suis arrêté. Et je suis revenu. Plusieurs fois. À chaque saison.

Une rivière discrète qui façonne les paysages

La Santoire, ce n’est pas une star. Pas comme la Dordogne ou l’Allier. C’est une rivière modeste, qui naît sur les pentes du Limon et descend tranquillement, au fil des estives, jusqu’à rejoindre la Rhue.

Elle a creusé une vallée en auge, typique des anciens glaciers. Les pentes sont douces, larges, souvent nues, avec de grandes prairies où paissent les troupeaux. En hiver, le vent y file sans obstacle. En été, l’herbe ondule comme une mer. J’y ai vu une fois un arc-en-ciel complet, double, qui reliait les deux versants. J’étais seul sur un chemin. J’ai posé mon sac et j’ai juste regardé.

Lisez aussi :  Séjour au refuge du Nant du Beurre : accès, randonnées et infos utiles

Randonnées dans la vallée de la Santoire

Marcher sur le Limon, les pieds dans le vent

Le plateau du Limon, c’est un des coins que j’aime le plus. Pas parce qu’il est difficile — il ne l’est pas — mais parce qu’il donne une impression de bout du monde. Une sorte de Mongolie auvergnate. Des tourbières, des lignes courbes, pas un arbre. Et au loin, toujours, les grands volcans du Cantal qui veillent.

Un jour de printemps, j’y ai marché pendant deux heures sans croiser âme qui vive. Juste des alouettes, quelques mottes de brume et des empreintes de cerf dans la boue. Et ce vent… doux, parfois tranchant, mais jamais hostile. On revient de là-haut avec l’esprit lavé.

Le circuit des lacs : Sauvage, Pêcher et Frau

Pour ceux qui veulent en prendre plein les yeux, il y a une boucle de deux jours qui passe par trois petits lacs perchés. Le lac Sauvage, encaissé et secret, le Pêcher, plus ouvert, bordé de joncs, et le lac du Frau, moins connu, mais souvent habité par les oiseaux.

Ce que j’aime, c’est la diversité. On passe d’un sous-bois moussu à une crête ventée, d’un pâturage à une zone humide. Et si on y dort, on peut entendre le brame du cerf en septembre, ou voir les étoiles comme rarement ailleurs.

Le col de Cabre : poste d’observation grandeur nature

Le col de Cabre, j’y suis monté un matin à la lampe frontale, pour voir le lever du soleil. J’avais lu qu’on pouvait y observer des mouflons. Je n’en ai pas vu. Mais j’ai vu bien plus. Les brumes qui montaient de la vallée, les cimes orangées du Plomb et du Puy Mary, et ce silence, encore, traversé par le cri bref d’un rapace.

Lisez aussi :  Vallée de l’Arve : entre montagnes, vie et pollution

C’est un spot génial pour ceux qui aiment observer sans déranger. On y voit parfois des chamois, des buses variables, et en automne, on entend ce son rauque et vibrant du cerf qui vous prend au ventre.

Viaducs, abbayes et mémoires

Le viaduc de Saint-Saturnin : ouvrage oublié, beauté intacte

Quand on prend le sentier qui longe l’ancienne voie ferrée, on arrive au viaduc de Saint-Saturnin. Une arche de pierre posée sur rien, 36 mètres au-dessus de la Santoire. Je l’ai découvert un peu par hasard, un jour de balade avec des amis.

Il ne sert plus à rien. Il ne mène plus nulle part. Et pourtant, il tient bon. Il donne une vue superbe sur la vallée, et il raconte quelque chose de l’Auvergne d’hier : celle des lignes secondaires, des trains qui serpentent entre les sapins.

L’abbaye de Féniers : vestige cistercien au bout du monde

Là encore, ce n’est pas un site spectaculaire. Quelques murs, des pierres moussues, une abside à moitié debout. Mais quelle paix. On y accède par un petit chemin, presque effacé. Et quand on y arrive, il y a cette clarté étrange des lieux abandonnés mais encore habités.

J’y suis allé un soir d’été, seul. Les insectes bourdonnaient. Le sol était tiède. J’ai posé ma main sur une pierre, polie par des siècles de prières, et j’ai fermé les yeux.

Réserve naturelle des tourbières du Jolan et de la Gazelle

Terre gorgée d’eau, royaume discret

Juste au-dessus de la vallée, la réserve des tourbières du Jolan est un autre monde. On y entre presque sur la pointe des pieds. Le sol est spongieux, les mousses brillent, et tout semble un peu ancien, un peu fragile.

Des carex, des droséras, de minuscules plantes carnivores, et parfois, une grenouille verte qui bondit sous vos pas. Il y a des visites guidées en été, que je recommande vivement. On y apprend beaucoup, et on en ressort changé.

Lisez aussi :  Lac de Servières : randonnée et infos pratiques en auvergne

Villages de la vallée : pierres grises et âmes fières

Saint-Bonnet-de-Condat : l’église, les habitants, la fête

Le cœur battant de la vallée, c’est ce petit village tout simple. Une église romane, des maisons de lave, des volets délavés. Mais surtout, des gens. Des vrais.

J’y ai passé un 15 août, une fois. Bal auvergnat, truffade géante, accordéon, feu d’artifice. J’ai dansé avec une grand-mère de 84 ans qui m’a mis une raclée en bourrée. Et je m’en souviens comme si c’était hier.

Ils sont peu nombreux, mais ils aiment leur vallée, et ils savent la faire aimer.

Activités nature : pour tous les rythmes

  • Randonnée : sentiers balisés, balades douces ou grandes traversées
  • Pêche : la Santoire abrite des truites fario superbes
  • Cyclo : routes peu fréquentées, profils variés
  • Raquettes et ski nordique : en hiver, les plateaux sont magiques

Je me souviens d’une sortie raquettes avec un ami, fin janvier. Il faisait -8°C, le ciel était clair, la neige crissait sous nos pas. Et en haut, le silence était absolu. On a mangé une soupe tiède dans une thermos, et c’était peut-être le meilleur repas de l’année.

Manger, boire, s’arrêter

Produits du coin, assiette pleine

En passant par Dienne ou Condat, on trouve de bonnes auberges, sans prétention, mais avec :

  • Cantal jeune ou entre-deux
  • Salers affiné
  • Pâté de campagne maison
  • Truffade, lentilles blondes, ou même omelette aux cèpes

Et parfois, un verre de vin d’Entraygues, ou une eau de vie du coin. De quoi repartir les joues rosies et le cœur léger.


FAQ

Où se trouve la vallée de la Santoire exactement ?

Elle se situe dans le nord-est du Cantal, entre le Limon et la vallée de la Rhue, à proximité de Dienne, Condat et Saint-Bonnet-de-Condat.

Quelle est la meilleure saison pour y aller ?

Toutes. Printemps pour les fleurs, été pour les randos, automne pour les brames, hiver pour les raquettes. Chaque saison révèle un visage différent.

Y a-t-il des hébergements dans la vallée ?

Oui. Chambres d’hôtes, petits gîtes, campings. Rien de clinquant, mais du vrai, du simple, du bon.

Peut-on venir en famille avec des enfants ?

Oui, sans problème. Beaucoup de balades sont accessibles. Et les enfants adorent les tourbières, les lacs, les vaches, les grenouilles…

Est-ce que c’est un coin fréquenté ?

Non. Et c’est bien ce qui fait son charme. On y croise plus de Salers que de touristes.

Notez cet article